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Coparents depuis maintenant 6 mois, nous avons accepté de partager notre expérience. On se souvient à quel point les questions nous venaient en tête, et à quel point on ne trouvait pas de réponses claires. Alors, c’est normal et important aujourd’hui de témoigner, pour ceux qui vivent les mêmes questionnements.


Qui êtes-vous ?


Nous sommes 2 couples homos. Moi (David) et Cyril, Julia et Myriam. On a presque tous 30 ans, et en couple depuis plusieurs années. Cyril m’a fait découvrir ce site de rencontre pour devenir parent, et j’ai accepté qu’on essaie de trouver un couple de femmes pour voir si un projet bébé était possible. Je pense qu’on a eu un gros coup de chance car on n’a pas eu besoin de contacter beaucoup de personnes pour trouver le bon couple. Julia et Myriam semblaient dans le même optique que nous. Un désir d’enfant naturel, comme tout le monde à notre âge je crois.


Êtes-vous heureux aujourd’hui ??


C’est peu de le dire. On a conscience d’avoir beaucoup de chances de s’être trouvés à d’avoir rendu possible ce rêve. Notre fille, Elia, a 6 mois et tout va bien.


Quels obstacles avaient-vous rencontrés dans vos démarches ?


Le plus compliqué pour nous, c’était une fois que Myriam était enceinte et que l’on devait faire des choix. Celui du prénom par exemple, fût assez compliqué, car personne n’était d’accord. Imaginez à deux, il faut faire un effort, faire un compromis, alors à quatre ! On a failli tiré au sort et on a trouvé ça un peu froid. Alors on a continué à chercher, garder patience, et quelques compromis ont permis de se mettre d’accord.

Ce qui nous a évité d’avoir vraiment des ennuis, c’est d’avoir consulté un avocat avant la grossesse. Il nous a permis de savoir ce qu’on risquait comme problèmes, et comment les éviter.


Si vous deviez changer quelque chose ?


On était tellement sûr de notre projet qu’on s’est lancés un peu vite. Le courant passait bien alors on a profité de notre enthousiasme pour se lancer. Aujourd’hui encore, personnellement, je trouve notre histoire bouleversante (et très positive) et j’ai du mal à gérer émotionnellement. Il y a aussi le fait que je ne le vois pas tous les jours, car nous avons opté pour une résidence principale avec les mamans, pour lui éviter de faire ses valises toutes les 2 semaines… Elle me manque, même si je passe la vois 3 fois par semaine.


Comment votre fille vit-elle la coparentalité ?


Apparemment très bien !
A son âge, c’est difficile de savoir ce qu’elle pourrait bien penser de la coparentalité. Mais elle est éveillée, tonique et elle est déjà propre. Non, je rigole ! En tout cas, elle n’a aucun retard, elle est normale, ce n’est pas écrit sur son front « j’ai 4 parents ».


Comment se positionnent vos propres parents ?


Alors, la plupart des grands-coparents le vivent très bien, c’était inespéré pour eux d’avoir des petits-enfants de notre part, donc forcément ils sont très heureux. Mais Julia n’a pas partagé sa maternité avec ses parents, car ils n’ont pas accepté son homosexualité. Elle a coupé les ponts complètement avec toute sa famille. Nous sommes devenus sa nouvelle famille, elle voit de temps en temps nos parents, donc ça fait de belles réunions de famille !

On ne s’attendait pas à ce que la coparentalité soit aussi forte symboliquement, car elle vient aussi apporter du réconfort à ceux qui, à cause de leur homosexualité, ont été rejeté, de leurs proches ou de la société en général.